Bioéconomie : l’atout du territoire rémois

Regrouper sur un même site un complexe agro-industriel, une plateforme d’innovation où se côtoient recherche et formation, mais aussi un parc d’activités hébergeant des entreprises ,et des start-up pourrait sembler une gageure. Pourtant, cela fonctionne, très bien même, sur le site de Pomacle-Bazancourt, reconnu unanimement comme l’un des leaders européens de la bioéconomie.

Pour mieux comprendre ce que représente la bioéconomie, laissez-vous conter le film d’animation(1) très pédagogique de la Commission européenne, « La bioéconomie, c’est maintenant », visible sur YouTube. Ben est un petit garçon qui aime les plantes, les animaux, la mer. Ses parents lui ont
expliqué que tous les produits issus de cette nature lui permettent de jouer, de s’habiller, de manger et… qu’ils dépendent des combustibles fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon). Il sait aussi que ces derniers ne sont pas renouvelables et que l’on risque d’en manquer cruellement un jour.

Heureusement, les plantes vont venir au secours de Ben car ce sont des sources durables. Les ressources biologiques de nos fermes, de nos forêts, de la mer et de nos déchets organiques peuvent en effet aider à fabriquer des produits similaires. Faire du plastique à partir des déchets agricoles, produire du biocarburant ou des produits actifs pour des cosmétiques avec du blé, des betteraves, des plantes non alimentaires… voilà toute l’utilité de la bioéconomie.

UN SITE UNIQUE ET ORIGINAL

Cette économie valorisant les ressources agricoles, dites agroressources, aussi bien pour ses vertus alimentaires que pour fabriquer des produits biosourcés, doit y associer la bioraffinerie de Pomacle-Bazancourt. Cette dernière a pris conscience de la formidable puissance de la culture de ses terres et a fait le pari du végétal, il y a plus de 30 ans déjà. Bertrand Rigal, directeur du développement économique à Reims Métropole, revient sur la naissance de la bioéconomie marnaise : « Dans les années 80, il y avait surproduction de produits agricoles. L’Union européenne voulait geler la culture
d’une partie des terres agricoles. Les représentants du monde agricole champardennais se sont rendus à Bruxelles pour proposer de maintenir en culture ces surfaces et en dédier la production à  l’usage industriel, créant ainsi de nouveaux débouchés à forte valeur ajoutée pour notre agriculture.
»

On entend les hauts cris des réticents : « Est-ce bien raisonnable d’utiliser les biomasses (la matière première) comme bioressources au détriment de l’alimentation des hommes ? » « Il faut pouvoir faire les deux sans qu’il y ait cannibalisation d’un secteur sur l’autre », souligne Jean-Marie Chauvet, directeur de la fondation Jacques de Bohan(2). « Il convient d’avoir à l’esprit que la quantité de produits agricoles alimentaires perdus à cause de mauvaises techniques de récolte, d’un mauvais stockage, du transport, voire du gaspillage alimentaire dans les points de vente ou chez le consommateur est sans commune mesure avec les quantités utilisées pour la production de produits non alimentaires biosourcés », insiste Bertrand Rigal.

Unique et original, le site de Pomacle-Bazancourt a fait son chemin. Il abrite un complexe agro-industriel, mais aussi une plateforme d’innovation animée par ARD (Agro-industries Recherche et Développement, créé par les coopératives agricoles régionales), qui accueille le CEBB (Centre européen de biotechnologie et de bioéconomie) et ses différentes chaires d’enseignement supérieur et de recherche.

(1) https://www.youtube.com/watch?v=2xvXkOMRTs4
(2) Fondation d’entreprises créée par Cristal Union et Vivescia, en partenariat avec la CCI de Reims-Epernay et la Chambre d’agriculture de la Marne. Sa mission : être un lieu de réflexion et de promotion du modèle de la bioraffinerie.