La cartographie du bruit

Conformément à son Agenda 21, Reims Métropole vient d’élaborer puis de publier ses "cartes du bruits", une obligation réglementaire induite par la Directive Européenne de 2002. Mais la collectivité a choisi d’aller plus loin encore dans la lutte contre les pollutions sonores. Elle doit ainsi élaborer une typologie du calme ressenti par les habitants, lancer un audit acoustique et thermique sur 700 logements et elle aidera financièrement à la réalisation de travaux d’isolation… pour que chacun ait accès au calme.

Un plan pour que chacun ait droit au calme

A Reims, les cartes du bruit concernent toutes les communes de l’agglomération ainsi que Saint-Léonard et Taissy (approbation des cartes par le Conseil Municipal de Taissy le 13 septembre 2012) – pour les communes de l’agglomération, s’est ajoutée à la mesure de la pollution sonore, celle de la pollution atmosphérique. Il s’est donc agi dans un premier temps de collecter des informations (topographie, forme et hauteur des bâtiments, axes routiers) et de les rentrer dans un modèle de calcul pour obtenir de premières cartes. Dans un second temps, les cartes ainsi élaborées ont été confrontées à des mesures sonores réalisées sur le terrain. Finalisées en juin 2012, les cartes sont désormais en ligne.

Une situation plutôt satisfaisante, mais des faiblesses dans la ville-centre

L’élaboration des cartes du bruit à Reims a permis de mettre en valeur une situation globalement satisfaisante : 77 % des habitants vivent dans des zones où les émissions sonores sont inférieures à 60 db(A), ce qui correspond à une petite route située à une trentaine de mètres d’une habitation. Les mesures du bruit témoignent en outre d’une nette amélioration entre 2009 et 2010 le long de la traversée urbaine : - 4db(A). Toutefois une frange de la population, entre 2 et 4 %, reste soumise à des valeurs dépassant les normes réglementaires de bruit (68 db(A) en journée et 62 db(A) la nuit). Enfin, 96, 5 % des logements exposés se situent à Reims, souvent en centre-ville.

Un plan de prévention et de réduction du bruit

Suite logique de la publication de ses cartes du bruit, Reims Métropole lance pour la période 2012-2017 un vaste plan de prévention et de réduction du bruit mêlant outils de réglementation (plan de déplacement urbain, schéma d’orientation et de cohérence territoriale, plans locaux d’urbanisme…), réflexions sur la perception du calme, audits et travaux d’isolation.

Des groupes de réflexion doivent ainsi être mis en place dans deux quartiers pilotes pour réaliser un typologie du calme, basée non plus sur des mesures scientifiques, mais sur la perception du bruit par les habitants. 700 logements feront aussi l’objet d’un audit acoustique et thermique, suite à quoi 500 logements (40 individuels et 460 collectifs) devraient faire l’objet de travaux d’isolation acoustique subventionnés par Reims Métropole en partenariat avec l’ADEME.

Objectif : que seuls 10 % du montant total des travaux restent à la charge des propriétaires.

Rappel du contexte

En juillet 2002, l’Union européenne a adopté la directive 2002/49/CE relative à l’évaluation et de la gestion du bruit dans l’environnement. Cette directive a pour but de définir une approche commune pour éviter, prévenir et réduire dans la mesure du possible, les effets nuisibles de l’exposition au bruit dans l’environnement.

La méthodologie de réalisation de la cartographie du bruit s’appuie sur la directive, sa transcription dans le droit français, le décret 2006-361 du 24 mars 2006, l’arrêté du 4 avril 2006 relatif à l’établissement des cartes du bruit et des plans de prévention du bruit dans l’environnement, ainsi que la circulaire du 7 juin 2007.

Les cartes sont destinées à permettre l’évaluation globale de l’exposition au bruit dans l’environnement et doivent être révisées tous les 5 ans.

Le terme "cartographie" du bruit est un terme générique qui englobe des documents graphiques, des tableaux de données et un résumé sous forme de texte. Les sources sonores prises en considération sont les infrastructures routières, ferroviaires, aériennes, les activités industrielles ou installations Classées pour la Protection de l’Environnement soumises à Autorisation (ICPE-A). Par ailleurs, ont été associés à la cartographie les dénombrements des populations exposées au bruit ainsi que les établissements dits sensibles (établissements de santé et établissements d’enseignements).

Ainsi, on trouvera en ligne : le résumé non technique de l’étude de cartographie sonore sur le territoire de l’agglomération, des graphiques et tableaux représentant l’exposition de la population et des établissements sensibles (santé et enseignement) sur le territoire de l’agglomération pour Reims Métropole, Taissy et Saint-Léonard, un document synthétique relatif à l’acoustique de l’environnement et des liens sur des généralités sur le bruit, la réglementation, les politiques de lutte contre le bruit, etc.
Enfin, et surtout, les cartes de bruit constituent un diagnostic préalable à l’élaboration du Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement en cours d’élaboration, qui doit viser à protéger les populations contre le bruit mais aussi à maintenir des ambiances sonores calmes.

Une cartographie indicative, transcrivant des ambiances sonores

La cartographie réalisée par Reims Métropole concerne uniquement les communes visées par le décret du 24 mars 2006 (Bétheny, Cormontreuil, Reims, Saint-Brice-Courcelles, Saint-Léonard, Taissy, Tinqueux) auxquelles s’ajoute Bezannes.

La prestation de cartographie sonore a été réalisée par le bureau d’études en acoustique et vibrations Impedance entre 2010 et 2012; les hypothèses de base sont celles de 2009 et 2011 pour les routes, et de 2011 pour le reste des sources de bruit. Les cartes stratégiques du bruit de REIMS METROPOLE ont été arrêtées le 25 juin 2012 pour les documents graphiques et le 10 septembre 2012 pour les éléments démographiques. Les cartes stratégiques du bruit de SAINT-LEONARD ont été arrêtées le 6 août 2012.

Les cartes de bruit ont été calculées sur la base d’un modèle numérique 3D, elles représentent une contribution sonore moyenne des axes routiers, des voies ferroviaires, de certaines sources industrielles et également, du cumul de ces trois familles de sources. Elles ne représentent donc pas les bruits de voisinage qui ne sont pas pris en compte, ni les bruits émergents (tels que le bruit au passage d’un véhicule) qui ne sont pas visibles sur le rendu.

Les simulations ont été effectuées avec des conditions moyennes de trafic sur l’année 2009 ou 2011 (les conditions météorologiques intégrées au modèle numérique sont basées sur des moyennes annuelles observées sur le territoire sur plusieurs décennies) et les cartes sont établies à une hauteur constante de 4 m par rapport au niveau du sol.

Les résultats sont donc indicatifs : il ne s’agit pas d’examiner les niveaux sonores particuliers en façade de tel ou tel bâtiment, et la frontière entre deux courbes isophones (de même niveau sonore) est indicative.

Ainsi, la résolution des images est assez limitée, il s’agit ici de représenter des ambiances sonores sur les différents secteurs de l’agglomération. 

Unité de mesure, indicateurs et types de cartes

Les niveaux sonores sont exprimés en décibels pondérés A, symbolisés dB(A), unité à manier avec précautions car elle s’exprime sur une échelle logarithmique. Sur les cartes, ils sont représentés par des courbes isophones (de même niveau sonore).

Les cartes ont été établies à partir de deux indices acoustiques : un indice sonore nocturne (Ln) et un indice sonore sur 24 h (Lden).

A savoir : L’indice acoustique nocturne Ln ou Lnight (‛n’ pour ‛night’ : la ‛nuit’ en anglais) est un indice du niveau sonore moyen annuel entre 22 h et 6 h. L’indice de la journée de 24 h : Lden (‛d’ pour ‛day’ : le ‛jour’, ‛e’ pour ‛evening’ : le ‛soir’, ‛n’ pour ‛night’ : la ‛nuit’) est un niveau de bruit moyen annuel perçu sur une journée de 24 heures, en incluant des ‘pénalisations’ pour les périodes de soirée (‘evening’ : 18h-22h en France) et de nuit (‘night’ : 22 h-6 h en France).

Enfin, deux types de cartes sont visibles :

Cartes d’exposition (ou cartes de "type a") : représentant les zones exposées à plus de 55 dB(A) en Lden ainsi que les zones exposées à plus de 50 dB(A) en Ln, sous forme de courbes isophones (courbes de même niveau sonore) de 5 en 5 dB(A). Ces cartes sont établies pour deux années de référence pour les routes, 2009 et 2011, et sur 2011 pour les autres sources.

Cartes de dépassement des valeurs limites (ou cartes de "type c") : ce sont les cartes de dépassement de seuil. Elles représentent les zones où les valeurs limites en Lden et en Ln sont dépassées ; ces valeurs, dépendantes de la famille de source sonore considérée, sont les suivantes (en dB(A)) :

Synthèse des classes d’exposition au bruit de la population de Reims Métropole

  • Communes : Bétheny, Bezannes, Cormontreuil, Reims, Saint-Brice-Courcelles, Saint-Léonard, Taissy, Tinqueux
  • Population : 213 281 habitants

Synthèse des classes d’exposition au bruit des établissements sensibles

  • Établissements de santé : 12
  • Établissements d’enseignement : 137

Télécharger les cartes :

Contribution sonore de l'ensemble des sources sonores modélisées pour l'année 2011, exprimée en dB(A) :
-> par l'indice Lden
-> par l'indice Ln


Contributions sonores

-> des activités industrielles (ICPE-A) pour l'année 2009 exprimée en dB(A)
- par l'indice Ln
- par l'indice Lden

-> des voies routières pour l'année 2009 exprimée en dB(A)
- par l'indice Ln
- par l'indice Lden

-> des voies routières pour l'année 2011 exprimée en dB(A)- par l'indice Ln
- par l'indice Ln
- par l'indice Lden

-> des voies ferroviaires pour l'année 2011 exprimée en dB(A)- par l'indice Lden
- par l'indice Lden
- par l'indice Ln


Zones de dépassement de seuil du bruit routier

-> pour 2009
- Indice Ln
- Indice Lden

-> pour 2011
- Indice Ln
- Indice Lden
                                         

Zones de dépassement de seuil du bruit ferroviaire pour l'année 2011

- Indice Lden
- Indice Ln

Zones de calme potentielles pour l'année 2011 caractérisées par l'indice Lden < 55 dB(A)Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement.Généralité en acoustique de l'environnement.